{"id":627,"date":"2020-04-18T11:31:04","date_gmt":"2020-04-18T09:31:04","guid":{"rendered":"https:\/\/hmag.site\/?p=627"},"modified":"2020-04-18T12:23:22","modified_gmt":"2020-04-18T10:23:22","slug":"massinissa-guermah-papa-je-ne-sens-plus-mes-jambes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/hmag.site\/index.php\/2020\/04\/18\/massinissa-guermah-papa-je-ne-sens-plus-mes-jambes\/","title":{"rendered":"Massinissa Guermah, Papa je ne sens plus mes jambes!"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>Papa, je ne sens plus mes pieds. Papa, est-ce que je peux encore marcher ? Papa, ils m\u2019ont tu\u00e9. Papa, je ne sens plus mes jambes<\/em><\/p><cite>Massinissa Guermah<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les faits sont t\u00eatus. Apres l&rsquo;assassinat, oui l&rsquo;assassinat de Massinissa en Avril 2001, une r\u00e9volte a \u00e9clat\u00e9 en Kabylie qui s&rsquo;est propag\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 Alger. Le pouvoir ne pouvait pas se permettre cet affront, surtout au moment o\u00f9 les hommes de Bouteflika (Zerhouni au passage) faisait r\u00e9gner l&rsquo;omerta sur les journaliste au milieu des ballets des visites diplomatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons qu&rsquo;a l\u2019\u00e9poque, Bouteflika esp\u00e9rait avoir le prix Nobel de la paix, suite \u00e0 la concorde civile. Une pure gal\u00e9jade. Benchicou et quelques autres journalistes en prison, l\u2019\u00e9meute de la jeunesse Kabyle passait tr\u00e8s mal. C&rsquo;en \u00e9tait trop pour le \u00ab\u00a0jeune\u00a0\u00bb pr\u00e9sident de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>La manipulation est arriv\u00e9 \u00e0 son comble quand Massinissa a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 de voyou. <strong>\u00ab\u00a0\u1e6celheq ar yi\u0263es\u00a0\u00bb<\/strong>. M\u00e9ditons sur cette caricature de Ghilas Ainouche:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"twitter-tweet\"><p lang=\"fr\" dir=\"ltr\"><a href=\"https:\/\/twitter.com\/hashtag\/Hommage?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw\">#Hommage<\/a> <br>Le 18 avril 2001, <a href=\"https:\/\/twitter.com\/hashtag\/Guermah_Massinissa?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw\">#Guermah_Massinissa<\/a>, 18 ans, a re\u00e7u trois balles d&#39;un gendarme<a href=\"https:\/\/twitter.com\/hashtag\/Kabylie?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw\">#Kabylie<\/a> <a href=\"https:\/\/twitter.com\/hashtag\/Alg%C3%A9rie?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw\">#Alg\u00e9rie<\/a> <a href=\"https:\/\/twitter.com\/hashtag\/dictature?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw\">#dictature<\/a> <br>&gt;&gt; <a href=\"https:\/\/t.co\/sOywOYUmqY\">https:\/\/t.co\/sOywOYUmqY<\/a> <a href=\"https:\/\/t.co\/U6Cv978us8\">pic.twitter.com\/U6Cv978us8<\/a><\/p>&mdash; Ghilas Ainouche (@GhilasAinouche) <a href=\"https:\/\/twitter.com\/GhilasAinouche\/status\/1251415839691231232?ref_src=twsrc%5Etfw\">April 18, 2020<\/a><\/blockquote> <script async src=\"https:\/\/platform.twitter.com\/widgets.js\" charset=\"utf-8\"><\/script>\n\n\n\n<p>En parcourant la toile, la version la plus courante est celle d\u00e9crite ci-dessous. Nous la diffusons tel quel:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Vendredi 20 avril 2001. Il est 08 h 15 quand Mohamed Guermah, dit Massinissa, rend l\u2019\u00e2me \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Mustapha Bacha d\u2019Alger. Op\u00e9r\u00e9 dans la soir\u00e9e, le jeune homme \u00e2g\u00e9 de 19 ans, n\u2019a pas surv\u00e9cu \u00e0 ses graves blessures contract\u00e9es trois jours plut\u00f4t dans une brigade de gendarmerie de Beni Douala, en Kabylie. Sa mort sera le pr\u00e9lude \u00e0 une r\u00e9volte qui embrasera la Kabylie pendant plusieurs jours et qui fera plus d\u2019une centaine de morts. Qui a tu\u00e9 Massinissa Guermah ? Dans quelles circonstances ? <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Beni Douala, mardi 18 avril, 18h30.<strong>&nbsp;<\/strong>Quatre personnes, arriv\u00e9es \u00e0 bord d\u2019une Renault Laguna, se pr\u00e9sentent au si\u00e8ge de la brigade de gendarmerie pour porter plainte pour agression et vol contre des jeunes d\u2019un quartier situ\u00e9 pr\u00e9s du lyc\u00e9e, \u00e0 200 m\u00e8tres en contre bas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le chef de brigade ordonne \u00e0 trois gendarmes de se d\u00e9placer sur les lieux pour s\u2019enqu\u00e9rir de la situation. Plut\u00f4t que de s\u2019y rendre \u00e0 bord de leurs v\u00e9hicules de service, ils s\u2019engouffrent dans la Laguna pour \u00e9tablir le constat.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans le petit appartement de la famille Guermah, Massinissa r\u00e9vise ses courts en pr\u00e9vision des examens du bac. Lorsqu\u2019il entend des cris venant de l\u2019ext\u00e9rieur, il sort en compagnie de sa m\u00e8re pour s\u2019enqu\u00e9rir de la situation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Sur place, les gendarmes coursent des jeunes du quartier. Meraket Koce\u00efla est le premier \u00e0 \u00eatre interpell\u00e9. Il est conduit \u00e0 la brigade. Ensuite, c\u2019est autour de Massinissa d\u2019\u00eatre interpell\u00e9 pour rejoindre Koce\u00efla dans les bureaux de la gendarmerie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Il est presque 19 heures. Les deux jeunes hommes attendent d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s au chef de la brigade. Merabet Mestari un des gendarmes qui a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019interpellation de Massinissa et de Koce\u00efla est dans la salle d\u2019attente. Son arme, une Kalachnikov, est accroch\u00e9e \u00e0 son \u00e9paule droite, le cran de suret\u00e9 lev\u00e9, balle au canon.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Brusquement, l\u2019arme tombe de l\u2019\u00e9paule du gendarme. Une premi\u00e8re rafale gicle. Trois balles sortent du canon. Deux percutent le sol, une troisi\u00e8me touche le gendarme Benferdi Mounir au pied.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mestari tente de reprendre le contr\u00f4le de son arme. Il appuie sur la d\u00e9tente. Massinissa re\u00e7oit une rafale de trois balles qui lui hache les jambes. Gri\u00e8vement touch\u00e9, il s\u2019\u00e9croule. Le sang coule abondamment.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les gendarmes posent des garrots sur les cuisses de Massinissa pour tenter de stopper l\u2019h\u00e9morragie. Les bless\u00e9s sont alors \u00e9vacu\u00e9s vers la polyclinique de Beni-Douala.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce d\u00e9but de soir\u00e9e du mardi 18 avril, la clinique est presque d\u00e9serte. Les m\u00e9decins de garde s\u2019occupent autour d\u2019une vieille femme prise d\u2019une crise d\u2019angoisse quand une procession de gendarmes arrive sur les lieux. Massinissa est en \u00e9tat de choc. Il r\u00e9p\u00e8te :&nbsp;<em>\u00ab J\u2019ai peur, j\u2019ai peur de mourir\u2026\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00e9decin de garde, une femme, tente de stopper l\u2019h\u00e9morragie. Un officier lui demande de s\u2019occuper de son coll\u00e8gue, Benferdi Mounir, bless\u00e9 au pied.<br><br>Le m\u00e9decin lui r\u00e9plique s\u00e8chement mais calmement :&nbsp;<em>\u00ab Je suis d\u00e9sol\u00e9, le cas de ce jeune homme est beaucoup plus grave que celui de votre coll\u00e8gue. Il risque de mourir. Ne vous inqui\u00e9tez pas, on s&rsquo;occupera \u00e9galement de votre ami.\u00bb<\/em><br><br>Mais les blessures de Massinissa sont trop graves pour \u00eatre prises en charge par une petite clinique. Le f\u00e9mur de la victime est presque sectionn\u00e9 et l\u2019art\u00e8re f\u00e9morale coup\u00e9e. Les m\u00e9decins urgentistes d\u00e9cident de le transf\u00e9rer en urgence \u00e0 Tizi Ouzou, distante de quelque 17 km.<br><br>H\u00f4pital central de Tizou Ouzou. Massinissa est pris en charge par une \u00e9quipe de chirurgiens. Khaled Guermah, le p\u00e8re qui rentrait d\u2019un voyage, fonce vers l\u2019h\u00f4pital.<br><br>Sur place, il veut voir son fils. Bien que celui-ci soit gri\u00e8vement bless\u00e9, il reste encore conscient.&nbsp;<em>\u00ab Papa, je ne sens plus mes pieds. Papa, est-ce que je peux encore marcher ? Papa, ils m\u2019ont tu\u00e9. Papa, je ne sens plus mes jambes<\/em>&nbsp;\u00bb, dit Massinissa \u00e0 son p\u00e8re qui le prend dans ses bras.<br><br>Malgr\u00e9 tous leurs efforts fournis par l\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale, celle-ci constate son impuissance \u00e0 prendre en charge le patient. Les blessures sont trop graves, et la victime a perdu beaucoup de sang. S\u2019il n\u2019est pas transf\u00e9r\u00e9 vers Alger, il risque de mourir. Le pronostic vital est d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9.<br><br>D\u00e9cision est donc prise de le transf\u00e9rer vers Alger, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Mustapha, l\u2019un des plus importants de la capitale.<br><br>Massinissa subit une nouvelle op\u00e9ration dans la nuit du jeudi 19 avril. Vendredi 20 avril, il rend l\u2019\u00e2me \u00e0 08h 15. Il sera enterr\u00e9 lundi le 23 avril dans son village natal.<br><br>La mort de Massinissa d\u00e9clenche de violentes \u00e9meutes qui embraseront la Kabylie des mois durant.<br><br>Marabet Mestari, le gendarme qui a tir\u00e9 sur lui sera jug\u00e9 plus d\u2019une ann\u00e9e plus tard par un tribunal militaire. Il sera condamn\u00e9 \u00e0 deux ans de prison.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Papa, je ne sens plus mes pieds. Papa, est-ce que je peux encore marcher ? Papa, ils m\u2019ont tu\u00e9. Papa, je ne sens plus mes jambes Massinissa Guermah Les faits sont t\u00eatus. 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